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« À côté de moi, deux amateurs, la loupe à la main, regardaient une des figurines. L’un d’eux s’écria brusquement : “L’oreille y est tout entière ? Regardez donc l’oreille. L’oreille est impayable.” L’autre amateur regarda l’oreille qui, à l’œil nu, paraissait un peu plus grosse qu’une tête d’épingle, et, quand il eut bien constaté que l’oreille existait dans son intégralité, ce furent des exclamations sans fin d’admiration et d’enthousiasme. » Zola, La Situation, 1867.
La description de l’écrivain montre la force qu’un détail peut susciter chez quelqu’un qui regarde une œuvre ; comment quelque chose de si petit peut être autant signifiant. Cependant, en prenant l’exemple d’amateurs il met aussi en garde contre l’effet de trop forte admiration que le détail peut entraîner chez l’observateur, perturbant la perception globale de l’œuvre. Quelques années avant Zola, Baudelaire réfléchit déjà à la place que doit prendre le détail en peinture, notamment par ses critiques de la peinture académique (Salon de 1846) dans laquelle les détails trop nombreux perdent celui qui observe. Il prend parti dans les débats qui interrogent les façons de représenter un sujet en peinture.
Cette agitation initie un changement majeur du rôle du peintre qui va désormais affirmer de plus en plus un trait subjectif dans ses toiles, choisissant les zones qu’il précise dans les détails et celles qu’il laisse volontairement moins précises.
La présence du détail en peinture semble susciter un questionnement important chez les acteurs de l’art. Cette petite chose admise communément comme quelque chose qui a peu d’importance semble finalement en avoir.
Daniel Arasse est un théoricien de l’art qui a cherché à approché la peinture par le biais de l’analyse des détails. Il montre dans Le détail, pour une histoire rapprochée de la peinture, l’étonnement que l’on peut ressentir au moment de la découverte d’un détail dans un tableau. En peinture, la notion de détail a déjà été traitée dans de nombreux ouvrages tels que Cents détails provenant des peintres de la National Gallery ou Quelques détails de plus, tous deux écrits par l’historien britannique Kenneth Clark respectivement en 1938 et 1941. Plus récemment, c’est Nadeije Laneyrie-Dagen, historienne de l’art, qui publie un livre sur les Détails vus au Louvre (2009), livre où elle opère des grossissements choisis sur plusieurs chef-d’œuvres.
Ces interrogations sur la place du détail peuvent ouvrir le débat aux images en général puisqu’elles sont utilisées constamment aujourd’hui. Le design graphique pose évidemment la question du rôle des images de communication : en quoi une stratégie de communication peut-elle s’appuyer sur le détail ? Le détail peut-il aussi être placé au centre d’une démarche de création ?
Au travers de cette réflexion personnelle, il convient d’interroger les caractéristiques inhérentes à la nature du détail, avant de les investir dans le domaine du design graphique. […]
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